Faut-il avoir peur de l’intelligence artificielle ?

⚠️ : Cette chronique a été initialement publiée, en version originale, sur le site web de l’ORTB.

Metalhead • Photo : Possessed Photography on Unsplash

Ce sont deux mots qui défraient la chronique depuis quelques années : intelligence artificielle. Elle est censée révolutionner notre quotidien et, à long terme, bouleverser tous les secteurs d’activités, de la banque à la justice, des transports à la médecine. Mais à quel prix ? Faut-il craindre l’intelligence artificielle ? Mais avant tout…

On va tout simplement ouvrir le dictionnaire pour voir comment il définit l’intelligence artificielle. Selon le Larousse, l’intelligence artificielle peut se définir comme un « ensemble de théories et de techniques mises en œuvre en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence ». Il peut s’agir d’ordinateurs ou de programmes capables de performances habituellement associées à l’intelligence humaine, et amplifiées par la technologie.

Par exemple, la capacité de raisonner, celle de traiter de grandes quantités de données, la faculté de discerner des modèles indétectables par un humain, l’aptitude à comprendre et analyser ces modèles, les capacités à interagir avec l’homme ou encore la faculté d’apprendre progressivement et d’améliorer continuellement ses performances.

L’intelligence artificielle couvre donc un vaste sujet, en perpétuel mutation. Ces progrès sont fulgurants depuis 1950, année considérée comme fondatrice de l’intelligence artificielle.

En terme de fonctionnement, l’intelligence dite « artificielle » s’inspire des différents processus cognitifs humains. Notamment notre très grande capacité d’apprentissage, tout au long de la vie. L’IA a ainsi fréquemment recours à l’apprentissage supervisé. Par exemple, on « nourrit » un programme avec des milliers de photos de voitures, étiquetées. Après cet « entrainement », le programme peut reconnaître, seul, des voitures de tous types sur les nouvelles images qui lui seront présentées.

Autre composant de l’intelligence artificielle, le « Machine Learning ». Cette fois, on donne aux ordinateurs l’accès à des données, puis on les laisse apprendre par eux-mêmes, sans intervention humaine ou re-programmation logicielle. Ce qui leur permet de s’améliorer progressivement, de manière autonome. Et de dépasser ainsi les fonctions et les capacités initialement programmées. Certains algorithmes ne se contentent plus de reconnaître des images, mais se montrent capables de les produire. Il existe d’autres méthodes comme le deep learning.

La révolution de l’intelligence artificielle n’est plus à l’étape de promesses. Elle est déjà dans notre quotidien sous plusieurs formes. Aujourd’hui, d’une simple phrase, on peut connaître la météo, programmer une alarme, être averti de ses rendez-vous, avec les trajets pour s’y rendre et des résultats de plus en plus précis au fil du temps… C’est la face émergée de l’IA dans notre vie quotidienne. Mais au-delà de ces usages, pratiques mais un peu anecdotiques, l’intelligence artificielle recouvre un vaste domaine et des champs d’application existants ou potentiels quasi-infinis comme la traduction automatique, la reconnaissance faciale, les véhicules autonomes, l’optimisation de la prospection commerciale, l’aide médicale au diagnostic, l’amélioration des processus de recrutement ou encore la réduction des consommations d’énergie… L’intelligence artificielle est une science qui bouleverse tous les secteurs, tous les domaines.

  • Mais pourquoi l’intelligence artificielle fait peur ?

La question se pose parce que l’intelligence artificielle en tant que technologie réalise des performances, dans certains domaines qui sont meilleures à celles de l’homme. Alors, il existe une crainte que la machine dépasse l’homme. A terme, on craint que l’intelligence artificielle, au lieu d’être un outil qui accompagne l’homme, n’asservit ce dernier. [Exemple aide médicale au diagnostic et chirurgie]

D’autant plus que l’intelligence artificielle s’est développée dans les grandes entreprises de la tech à l’ombre des réglémentations et souvent sans réflexions philosophiques. Dans de nombreuses expériences, lorsqu’on a mis l’intelligence artificielle face à des certains dilemmes moraux, ses choix ont été pour le moins étonnants. [Exemple voiture autonome]. Ainsi, pour des centaines de chercheurs, il est urgent de mettre de l’éthique dans le développement de l’intelligence artificielle.

L’autre chose qui alimente les peurs autour de l’intelligence est qu’elle est devenue aussi un enjeu géopolitique et pourrait alimenter les conflits entre les nations dans les prochaines années. En 2017, lors d’une conférence avec des étudiants sur les nouvelles technologies, le président russe Vladimir Poutine a affirmé que “L’intelligence artificielle représente l’avenir non seulement de la Russie, mais de toute l’humanité. Celui qui deviendra le leader dans ce domaine sera le maître du monde.”

De son côté, la Chine, qui est déjà de loin le pays le plus avancé en matière de recherches et d’application en intelligence artificielle, prévoit d’investir 150 milliards de dollars dans le secteur d’ici 2030.

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Journalist - Digital content officer @ortb_info| Project manager @Africtivistes | Interests : #OpenData - #OpenGov - #CivicTech

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Maurice THANTAN

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